Etape 22 – texte compact

De Condom à Eauze:

Entre blés et vignes, avant la ligne de chemin de fer, encore une qui a déjà rendu son dernier soupir

 

Didier Heumann

Milena della Piazza

Au premier coup d’œil, les paysages du Gers apparaissent assez homogènes, un pays où petites collines, vallons et coteaux et vallées alternent sans cesse avec des altitudes variant entre 80 et 250 mètres d’altitude. Ici, il  n’y a aucune grande rupture, aucun  changement brutal dans le paysage. Quel que soit le niveau d’horizon, ce n’est que la répétitivité des collines et des vallons que votre regard contemple. Tout l’espace n’est que campagne. Le Gers est avant tout un pays de paysans,  un département profondément rural avec 70% des terres affectés encore à l’agriculture. Le Gers est un département peu peuplé, peu urbanisé, avec une industrie quasi aux oubliettes. Auch, la principale ville ne compte que 23000 habitants. Les villages sont de  taille modeste et l’habitat est très dispersé, composé en majorité de hameaux avec quelques fermes isolées.  Dans l’ensemble, les terres restent réputées pour leur fertilité, avec la décomposition du  calcaire mêlé à l’argile, donnant de magnifiques terres à blé. La pluviométrie faible ici ne favorise pas la culture des maïs.  Pourtant, on y élève tout de même le canard.

Le pays compte peu de massifs boisés. Du bocage de jadis  ne subsistent que bosquets et haies éparses. Le bocage et les chemins  ont ainsi fondu, et fortement touchée par les remembrements parcellaires, la végétation s’accroche encore parfois sur les espaces délaissés par l’agriculture. C’est alors le royaume des chênes  ou de rares landes. On y voit aussi proliférer les érables, les ormes, les frênes, le chèvrefeuille  ou  les alisiers.

 

 

Nous sommes aujourd’hui entre Ténarèze et Bas Armagnac
L’étape du jour transite du Ténarèze et de ses champs de blé et de tournesol, au Bas Armagnac où les cultures changent. Ici, on cultive le haricot pour le cassoulet, mais aussi le maïs. N’oublions pas que le Sud-Ouest est surtout le pays du canard et du cassoulet. Il faut beaucoup de maïs pour le gavage. Mais le Bas Armagnac, c’est bien sûr aussi le lieu de l’Armagnac. Les vignes vont donc s’étendre sur toute la longueur du parcours.



C’est une très longue étape, car les possibilités de logement sur le trajet sont minimales, à moins que l’on veuille couper l’étape et faire halte à Montréal-du-Gers. Au niveau du parcours, il n’y a aucune difficulté sur de petites montagnes russes très légères. L’étape s’achève à plat sur l’ancienne voie ferrée, qui reliait Auch, la capitale du Gers à Eauze, en passant par Montréal. Cette ancienne ligne, à voie unique, fut abandonnée et éliminée en 1954.



Le GR65 quitte Condom en traversant la Baïse. Le fleuve est là devant vous, presque majestueux, de toute manière apaisant et beau. Aujourd’hui, la rivière est calme et semble endormie. Mais à quoi rêve le beau moulin assis de l’autre côté de l’eau ? Depuis longtemps, la rivière ne force plus sa meule à écraser les grains de blé. Alors, il sommeille au milieu des arbres et des pelouses du beau parc, et la rivière coule, tranquille, sans bruit, boueuse et sans contrainte.




 

 

Un large chemin de terre battue suit les bords du  fleuve, qui s’inclinent doucement jusqu’à la surface de l’eau. Ici, on dépasse ou suit les  pèlerins chargés de leurs sacs pesants ou les mamans baladant leurs poussettes, à l’ombre des arbres.

Sur le bord de la rivière, les branches de majestueux saules pleureurs plongent dans l’eau où volètent les canards. De charmantes maisonnettes ont dû pousser ici il y a fort longtemps. Elles forment comme de précieux îlots de pierre, tassées au bas du chemin, comme pour se tenir chaud.



 

 

Un peu plus loin, le chemin croise l’église Saint Jacques. La rivière, d’ordinaire paisible, peut se montrer terrible. Une crue détruisit l’église primitive du XIIIème  siècle, qui jouxtait un hôpital pour pèlerins. On reconstruisit sur ses fondations une nouvelle église au XVIIIème siècle.


 

 

Quelques centaines de mètres plus loin, un escalier descend au bord de la rivière et mène au gîte de Gabarre, une majestueuse bâtisse de pierre nichée dans un grand parc.

Au bout de la promenade le long du fleuve, le GR65 quitte la rivière en traversant la départementale D931 pour s’engager en sous-bois. Mais rapidement, il retrouve les maisons du faubourg jusqu’au quartier de Teste.



C’est ici que Bernard reçoit des pèlerins dans une initiative tournée vers les autres à la suite d’un drame funeste où  son jeune fils Jean perdit la vie dans un accident de la circulation. Informations supplémentaires sur le site à Etapes (Etape 22: logements, restauration).



 

 

Arrive alors la banlieue, une banlieue comme tant d’autres, une de  ces banalités de l’urbanisme, ave ses maisons semblables aux autres, et quelques carrés de verdure pour apporter un peu de respiration.

Enfin, le GR65 quitte alors la banlieue pour monter sur l’asphalte d’abord en sous-bois puis dans les tournesols, qui ont poussé maintenant un peu plus (nous sommes fin juin)  vers la ferme de Le Gay.


 

 

Puis, il redescend d’abord dans les vignes, puis dans les céréales surtout vers le lieu-dit L’Inquiétude. Quel poète a-t-il pu baptiser un lieu ainsi ?

Ici, la route est rectiligne, avec à droite les vignes, à gauche les blés. Ce sont les collines qui vibrent de l’activité des hommes. La route avance à travers de riches cultures, où les tracteurs bourdonnent autour des rares fermes, traînant les machines agricoles au bout des champs  de blés ou de haricot qui fuient jusqu’à l’horizon.





La route passe à Rieutort, une grande ferme en fait.



La pente se fait un peu plus soutenue jusqu’à une autre ferme, la ferme de Vignau.



Des rangées de ceps s’offrent au regard  sur des collines qui s’étendent sur un mamelon parfois ponctué de quelques chênes solitaires. Cela fleure déjà bon le vieil Armagnac Hors d’Age !




 

 

Au sommet de la petite crête, le GR65 lâche le goudron pour un chemin qui part vers les sous-bois et les tournesols. Ah, le beau mois de juin !  Les tournesols s’étirent de plus en plus vers le soleil et dressent leur tige, d’où éclosent les premiers boutons, avides de chaque perle de rosée du matin.

Un chemin de terre progresse alors  à plat dans le sous-bois ou à l’orée des arbres jusqu’à atteindre une bifurcation qui va à Larresingle.



Ici un choix s’impose, car Laressingle mérite le détour. Certains pèlerins n’y vont pas et descendent directement au Pont d’Artigues. Mais Larresingle n’est qu’à 10 minutes et une route permet de rejoindre le GR65 au Pont d’Artigues.



En descendant vers le village, le chemin croise un de ces magnifiques pigeonniers, que l’on trouve partout dans le sud de la France. Il en existe une grande variété, certains montés sur arcades ou sur piliers, ou même à pied-de-mulet, lorsqu’ils sont adossés  à une façade.  Celui-ci est de forme circulaire, dit aussi pigeonnier ou colombier « à pied », en grande partie réservé à la noblesse. Les autres types de pigeonniers étaient plus souvent propriété des roturiers.


La route plonge alors sur un des plus beaux villages fortifiés de France, sur son mur d’enceinte et ses tours crénelées.


C’est sous le règne de St Louis, au XIIIème siècle, que la cité se transforma en un ouvrage de défense dans une Gascogne disputée entre français et anglais. La cité devint bientôt un évêché, par décision des papes d’Avignon. Mais la vie fut calme ici, les anglais et les protestants cléments. La cité garda son intégrité jusqu’à la Révolution, quand elle devint un bien national. Hélas le dernier évêque, propriétaire de lieux, avisait passablement saccagé les toitures et le murailles pour s’agrandir. La cité tombait progressivement en ruines.

Par bonheur, au début du XXème siècle, des mécènes éclairés se sont mis à l’œuvre pur sauvegarder cette cité exceptionnelle, un « petit Carcassonne » en quelque sorte, comme on aime à le dire ici. Alors franchissez le pont de pierre et les deux arches qui enjambent les douves, puis prenez votre plaisir à visiter les courtines,  les fossés,  l’église  St Sigismond, le château fortifié et les maisons médiévales accolées aux murailles.





Vous pouvez vous restaurer et loger dans la cité médiévale, et même dans la périphérie très voisine. Informations supplémentaires sur le site à Etapes (Etape 22: logements, restauration).





Quel que sera votre choix, de passer à Larresingle ou d’éviter le bourg, vous arriverez au Pont d’Artigues sur l’Osse. Ce pont roman fut construit entre les XIIème et le XIIIème siècle pour permettre le passage des pèlerins. Le pont est inscrit au patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco. Un hôpital, une église et une commanderie étaient présents ici. Rien ne subsiste aujourd’hui.




 

 

Sitôt franchies les eaux boueuses de l’Osse, le GR65 s’en va un instant dans une large plaine où la culture majeure est le haricot. Personne n’est présent ici  pour nous dire s’il est question de haricot tarbais, une des grandes spécialités du Sud Ouest, avec sa peau fine, son fondant incomparable, sa quasi absence de flatulence, qui en font le délice et la saveur des garbures et des cassoulets.

Alors, un peu d’histoire pour illustrer le propos.  Le haricot est arrivé du Mexique en Gascogne  avec le maïs aux alentours du XVIIème  siècle,  trouvant près de Tarbes, mais aussi jusque dans le Gers et le Béarn des  conditions météorologiques parfaites pour des plantes équatoriales. Jadis, on faisait pousser une variété de maïs pour tutorer les plants de haricots grimpants, créant ainsi cette association de haricot-maïs, si caractéristique du  haricot tarbais.  Mais voilà le monde évolue, la génétique et la mécanique aussi. Alors, on a développé une nouvelle variété , l’Alaric type tarbais, qui pousse à hauteur moyenne et se contente de pousser sur un filet en plastique, permettant une mécanisation presque totale du produit.  C’est peut-être bien celui-là qui pousse aujourd’hui près des eaux de l’Osse.

Ici, la plaine est vaste et il n’y pas que le haricot qui a droit de cité. Les champs de blé sans fin, épars à travers les chênes. Un panneau indique que nous sommes en Ténazère, en pays gascon.



 

 

Vous êtes fatigué. Alors arrêtez-vous un instant devant les vergers à l’ombre des chênes.
Une petite balade en sous-bois et vous passez sur les hauteurs du petit lac de Solle.




 

 

Le GR65 suit peu de temps une route goudronnée avant de s’enfoncer à nouveau dans l’herbe dans les  plantations de haricots.
Puis la pente se fait plus raide.  Les haricots ont disparu. Ici, c’est du blé, en veux-tu en voilà ! Les blés ondulent jusqu’à l’horizon, respirant la chaleur et la lumière.



La route monte encore, d’abord à travers les blés, puis à travers les vignes jusqu’au sommet de la crête, où se niche en dessus de la route  l’église de Routgès, une petite chapelle à flanc de colline, accolée au cimetière au coeur du vignoble.



De la chapelle, le GR65 monte encore un peu en pente douce sur le goudron à travers les blés et les vignes.



 

 

A l’horizon pointe parfois un plus gros village, comme celui de Lauraët, où les cultures semblent être un peu plus diversifiées.

Mais, sur le GR65, les hameaux restent grands comme des mouchoirs de poche, comme à La Gavarre, et juste après à Barrigues.



Tout est gigantesque ici, où parfois le tournesol dispute l’espace au blé. Parfois l’étendue des champs donne le vertige et il faut de larges minutes pour les traverser de part en part.



Le GR65 arrive alors à Lasserre le Haut, serpentant au milieu des vignes. Ici, comme d’ailleurs dans d’autres parcelles de Ténarèze, on s’adonne à la culture des cépages blancs, dont l’ugni blanc, le colombard, le chenin, le sauvignon, le chardonnay et le gros manseng. Ces vins de pays, sous l’appellation Côtes de Gascogne, sont souvent des assemblages. Le Château Tariquet, à quelques kilomètres d’Eauze  en est le fleuron.


De Lasserre, le chemin redescend vers un pays moins cultivé. Alors pour quelques instants, le GR65 oublie le goudron pour le chemin herbeux. Il oublie aussi les grands champs cultivés pour le sous-bois. Chemin faisant, il rencontre le petit ruisseau endormi  de Répassat au fond d’un vallon.



Après le ruisseau, un chemin de terre remonte à travers les tournesols vers le hameau de Pagès/Machin, où on retrouve le goudron et les champs de blé.



La route passe à côté d’une fontaine d’un autre âge, dont on n’en connaît pas l’usage.


Au sommet de la crête se dissimule le château de Lassalle Baqué derrière ses hauts murs. C’est alors que la route penche doucement sur un lotissement, que l’on dira particulier, à l’entrée de Montréal-du-Gers. Est-ce pour se remémorer les cabanes au Canada ?  D’ailleurs, tout pèlerin canadien se réjouira de passer ici, à Montréal !



Une Vierge veille sur le bourg, près d’un magnifique lavoir et d’une place de pique-nique.



Les lavoirs communaux font partie du patrimoine vernaculaire de ces régions. Ils sont disséminés partout, en en nombre, dans le sud-ouest, construits dans une époque préoccupée par le manque d’eau, l’hygiène et la salubrité publique. Ici, ils ne sont pas « à papillons », comme dans les causses. Ils sont plus massifs, souvent couverts, mais leur usage était avant tout le  fait des  lavandières.

Jadis, on pratiquait la grande lessive deux fois par an, au printemps et en automne.  La grande lessive durait trois jours. On tapait le linge à la maison dans le cuvier. Il fallait verser à de nombreuses reprises de l’eau chaude sur le linge et sur les cendres végétales qui faisaient office de savon. On évitait le chêne qui tachait, favorisait le peuplier, le sapin, les arbres fruitiers et les plantes odorantes. On frottait et rinçait  au lavoir communal. Le  linge mouillé était apporté au lavoir de  bon matin. Le travail était long et fatigant à battre le linge, frotter, rincer, et souvent recommencer. Les femmes s’entraidaient. Aussi c’était le lieu de convivialité, de solidarité, de sociabilité et de commérage des femmes. Puis le savon remplaça les cendres au XIXème siècle, et logtmeps après la machine  laver fit le nécessaire.

Sur son éperon rocheux, la bastide de Montréal (1’100 habitants), capitale de la Ténarèze,  s’étire est tout en longueur, avec quelques belles maisons à colombages.



Toutes les rues mènent à la place centrale cerclée d’arcades et de maisons à pans de bois. C’est ici que s’articule la vie sociale et touristique, sur une charmante place, près de l’église et de la mairie. L’église gothique du XIIIème siècle, en partie fortifiée, fait encore partie des remparts qui ont  grandement fondu.





De nombreux pèlerins s’arrêtent ici, car la route jusqu’à Eauze est encore longue. Informations supplémentaires sur le site à Etapes (Etape 22: logements, restauration).






Le chemin sort de Montréal en traversant le rempart, ou du moins ce qui en reste. En bas du village coule l’Auzoue, une petite rivière paisible, que l’on dit ici poissonneuse, et qui se jette un peu plus loin dans le Gélise, avant de retrouver le Baïse. Le chemin va la longer de près et de loin pendant des kilomètres.



Une petite route goudronnée monte légèrement le long de jeunes plantations de frênes et de bouleaux, puis plus franchement à la limite des sous-bois.



Le chemin se plait alors à redescendre pour tutoyer la rivière, dont la turbidité ne permet pas de déceler la présence des truites, avant de remonter sur une large allée de terre battue plantée au milieu des chênes du sous-bois.



 

 

Près du hameau Le Nougué, le GR65 retrouve le goudron et monte un peu plus rondement à la limite des sous-bois.

Là-haut, au sommet de la crête, Il ne s’attarde guère près des maisons de pierre isolées de Ribère Le Bas, pour redescendre aussitôt dans les sous-bois, puis dans les vignes, direction Château de Montaut, au bas de la colline.



Le chemin redescend dans le sous-bois jusqu’à atteindre un petit lac près du Château de Montaut, où le GR5 ne passe pas. Ici, on ne peut ni se baigner ni pêcher.

Le GR65, qui s’est emmouraché de l’Auzoue, traverse à nouveau le ruisseau, ou la rivière (cela dépend des géographes !)  avant de s’en aller un instant dans une allée bordée de chênes et de feuillus.



Voici à nouveau les blés, lorsque le chemin remonte de la petite plaine où coule paisiblement la petite  rivière.


On entre alors résolument dans la terre des vignes, le long des haies, où le chemin va musarder pour un bout de temps.



Du côté du hameau de Basquin, le chemin se permet même de traverser une propriété privée, son petit étang tapissé de nénuphars.



Seul un paquet de piquets de piques, qui attend sa destinée, vient troubler la monotonie d’un paysage qui se balance entre blés, vignes et tournesols, le plus souvent près des sous-bois.






 

 

Pas âme qui vive dans les parages!  Mais, on sait bien que le chemin a été dessiné pour éviter le plus possible les humains. Quand on se balade à de nombreux endroits du Chemin de Compostelle, on ne sait jamais si les volets sont fermés pour se protéger du regard des pèlerins ou s’ils sont définitivement tirés pour l’éternité.

 

 

Le GR65 rejoint un peu plus loin une petite route qu’il longe dans les vignes, puis qu’il quitte du côté du hameau de Bédat. Ici, il doit y avoir des humains, non ? N’y aperçoit-on pas un tonneau, signe de vie ?

Mais voici à nouveau les sous-bois et les herbes folles qui s’enfoncent au  fond d’un vallon. Devant soi, on voit grandir la tour de Lamothe.



 

 

La pente est assez rude pour monter à Lamothe.

Par bonheur, ici, un gîte fait buvette, un adorable bar avec un très grand choix.  Ici, le pèlerin s’arrête avec plaisir et satisfaction. On annoncera au pèlerin harassé que pour gagner Eauze, ce n’est plus que du bonheur: 7 kilomètres à plat, à l’ombre, le long de l’« allée royale ». Alors, le pèlerin  en oublie même d’aller visiter plus haut la tour de Lamothe, une vigie du XIIème siècle qui, dit-on domine, la vallée de l’Izeute, la rivière qui fait frontière entre la Ténarèze et le Bas-Armagnac.  Informations supplémentaires sur le site à Etapes (Etape 22: logements, restauration).



En descendant de la colline, le GR65 passe devant la petite chapelle romane de Lamothe.



Après avoir passé à côté d’une petite planisphère, où dorénavant vous n’aurez plus le droit de perdre le Nord, il descend encore un peu dans le sous-bois, avant de remonter très légèrement pour traverser l’Izaute.




 

 

Vous allez vite comprendre. Vous êtes arrivé sur l’ancienne voie de chemin de fer. Des ouvrages d’art permettant le transit au-dessus et en dessous du chemin vous le rappellent à loisir.

C’était une ligne à voie unique, longue de 56  kilomètres, reliant Auch à Eauze, passant par Montréal. Mise en service en 1909, elle fut définitivement fermée, et de plus éliminée, en 1954. Ah, le pauvre destin du chemin de fer en France ! Le Chemin de Compostelle a l’habitude de croiser ces épaves. Certaines on encore leur vieux rails rouillés, d’autres sont complètement édentées. Mais grâce a la complicité de ce bon Emmanuel Macron, il est à prévoir que d’autres lignes vont subir le même sort envieux pour laisser passer les autocars ! En France, il y a Paris  et le reste de la France. Mais oui…

Alors, rêvons encore un peu. Assez rapidement, le train arrive en gare de Bretagne d’ Armagnac.


Mais voilà, maintenant les chèvres tiennent conciliabule au milieu des vieux pneus devant le pissoir des hommes. Ainsi va la vie des chemins de fer !



Le GR65 va suivre l’ancienne voie ferrée à l’ombre du sous-bois jusqu’à l’entrée de Eauze, sur près de 5 kilomètres.



Parfois quelques anciens ouvrages d’art rompent la monotonie d’un parcours paisible au possible, à l’ombre.



Chemin faisant, un logement est disponible à Coupé,  peu en dessus de l’ancienne voie de chemin de fer. Informations supplémentaires sur le site à Etapes (Etape 22: logements, restauration).



A l’approche de Eauze, près du camping de Moulin du Puy, le chemin de terre traverse la Gélise.



Nous sommes près de Eauze. A votre choix pour vous y rendre ! Vers les commerces près de la zone industrielle ou à travers le parc.



Elusa fut à l’époque des romains une cité importante rayonnant  à son apogée sur un territoire qui s’étendait de Bordeaux à Toulouse jusqu’aux Pyrénées. Aujourd’hui  Eauze (4’000 habitants) est une petite bourgade tranquille. La cathédrale St Luperc, au point culminant de la colline, en plein centre ville, est une église gothique du XVème siècle, rebâtie sur une ancienne église romane.



La vie se concentre surtout autour et sous les arcades de  la place d’Armagnac, en face de la cathédrale. C’est là que Jeanne d’Albret, mère d’Henri IV possédait une belle maison à colombages, devenue aujourd’hui le Café de France.



Les possibilités de logement  sont suffisantes  dans la cité. Informations supplémentaires sur le site à Etapes (Etape 22: logements, restauration).



 





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