Etape 25 – texte compact

De Aire-sur-l’Adour à Arzacq-Arraziguet: Encore un peu de canard, messieurs, dames !

 

Didier Heumann

Milena della Piazza

Pour un grand nombre de touristes, le département des Landes se résume à de larges rangées de pins dans un paysage horizontal près de la mer.  Mais, en réalité, le département  présente trois grands types de paysage assez différents: le littoral, le plateau landais et les territoires de l’Adour à l’est formés des régions de la Chalosse et du Tursan, un pays de collines essentiellement. Si le plateau  landais est un sol pauvre, ne permettant guère plus que la poussée des pins, les sols limoneux et argileux du Tursan, où le chemin passe aujourd’hui, sont plus riches.  Certes, ce ne sont pas des terres à blé, mais le maïs ici trouve une grande expression. Dans ces territoires, ponctués de bosquets, de chênes surtout, la densité de la population est faible, avec de nombreuses petites fermes isolées et de petits bourgs. Le canard est présent partout, le long des immenses champs de maïs. Le département des Landes est le pus gros producteur de foies de canards au monde.

En fin de parcours, après Pimbo, le chemin va quitter les Landes pour pénétrer en Béarn à Arzacq-Arraziguet,  qui est une étape de  transhumance des troupeaux des vallées pyrénéennes vers les Landes voisines.

 

Le parcours aujourd’hui ne présente aucune difficulté, sur de très légers vallonnements. Il y a cependant quelques belles côtes, comme à l’habitude, mais elles ne sont pas longues.


 

 

La pente est sévère pour quitter Aire-sur-L’Adour et monter à l’église de Ste Quitterie.  Mais si vous avez visité l’église la veille, vous connaissez déjà le chemin. D’ailleurs, une grande partie des gîtes est sur cet axe.


 

 

Après l’église, la route monte encore, dans la banlieue, sur les hauts de la cité.
Quelle que soit l’importance de la cité, il y a quasi toujours ce passage monotone, rarement affriolant, où le chemin longe des quartiers  de villas neuves, sans caractère, et leurs petits jardins, où l’urbanisme n’a jamais été le leitmotiv des constructeurs.



Puis la route se resserre et un sous-bois s’annonce. La journée va pouvoir commencer. La route descend alors dans le sous-bois vers le lac du Brousseau.



Le lac de Brousseau dessine un ruban d’eau placide, immobile entre ses berges arborées, où croissent chênes et  peupliers.



On dit ici que c’est une réserve ornithologique où passent les colverts, les cormorans, les poules d’eau et les hérons. Les charmants volatiles aujourd’hui avaient hélas replié leurs ailes.



 

 

Un charmant chemin de terre ondule alors dans le sous-bois, flânant  le long de la rive, jusqu’à rejoindre au  bout du lac une petite route goudronnée qui passe sous l’autoroute A65, l’autoroute occitane du Sud-Ouest qui relie  Bordeaux à Pau. La circulation ne semble pas effrénée sur cet axe. Aucun ronflement intempestif de gros camions ne vient  troubler la sérénité du lieu.

Un chemin de terre caillouteux contourne l’autoroute. Une petite route  remonte alors doucement vers Bégorre. Chemin faisant, un silo à grain et un de ces nombreux et terrifiants tunnels de stockage ou de gavage, voilà une partie du menu du jour !



Au sommet de la crête, d’interminables bouts droits sur le goudron défilent le long des champs de maïs. Sur la route pas un canard à l’horizon. Seuls de petits groupes de pèlerins traînent leurs semelles par ici. Les éleveurs et gaveurs sont à l’abri derrière la laideur verte de leurs tunnels.


 

 

Près des Landes de Mouneton, le GR65 quitte le goudron pour les chemins de terre bordés d’herbes sauvages, cachant parfois la profusion des  maïs.

Mais il rejoint assez rapidement la route goudronnée, lorsqu’il traverse le petit ruisseau de Pélauze, juste avant d’arriver au carrefour du Plantier et ses gigantesques silos à grains.  Mais les canards, que les bons éleveurs disent  passer tout de même plus de la moitié de leur vie active en plein air à mâchonner la bonne herbe ou à barboter dans les flaques ne sont pas au menu ici.



Ici, c’est plat, désespérément plat. Le paysage ne varie guère. Toujours le goudron et les immenses champs de maïs qui se perdent à l’infini. Nous sommes maintenant vers la mi-septembre. Le soja a poussé et coupe parfois la morne monotonie des champs de maïs.



La vie est absente, jusqu’à gagner Lafosse où quelques fermes marquent le paysage.  Il y a cependant de l’eau et de l’herbe ici. Pourtant, les canards n’y ont pas droit. Triste destin !



Depuis Lafosse, le GR65 continue sur le goudron au milieu des maïs et des tournesols ployant sous le poids de leurs graines et penchant déjà leurs corolles dorénavant tristes vers la terre.




 

 

Près du lieudit Cordonnier, un aimable propriétaire permet aux pèlerins d’étancher leur soif, même, s’il faut le dire, le parcours ici est fort reposant.

En se rapprochant du sous-bois de Douelle, le goudron cède sa place à la terre battue.  Le chemin va onduler dans le sous-bois, traverser et longer le gros ruisseau du Bahus.



De l’autre côté du ruisseau, le chemin remonte un peu sur Charitole.



L’occasion est  donnée de pouvoir jeter un œil sur de magnifiques vielles pierres.



Longue vie au maïs ! A la sortie du hameau, les maïs se  dorent sur les vallonnements et se perdent dans la ligne d’horizon, et avec eux votre regard.



Le large chemin de terre monte progressivement vers  Miramont-Sensacq. A l’approche du village, une direction est donnée pour un logement en dehors du chemin.



Le GR65 traverse alors une petite départementale, puis grimpe plutôt sèchement vers le village. Pour dire vrai, c’est assez pentu !



Le GR65 arrive au-dessus du village. Une direction est aussi donnée pour un logement en dehors du chemin.



La route transite vers le château d’eau, le petit cimetière et l’église, avant de gagner le village un peu en dessous. Bienvenue ! Quand on vous dit que les pèlerins sont la providence de ces petits villages !  L’épicière, qui tient aussi bar tabac et boulangerie, doit remercier le ciel tous les jours de leur passage.





De belles et cossues maisons de pierre ornent un village plein d’harmonie et se sérénité. On trouve à s’y loger, soit dans le village, soit aux alentours.




On peut aussi se restaurer et se loger. De nombreux pèlerins s’arrêtent ici, 18 kilomètres après Aire-sur-Adour. Informations supplémentaires sur le site à Etapes (Etape 25: logements, restauration).



Une route goudronnée sort du village dans un paysage essentiellement agricole, avec des fermes très soignées. L’élevage bovin et le canard se partagent le pays. Les vaches ici sont surtout de belles Aquitaines. Mais toujours pas la moindre tête de canard à glisser dans sa pupille !  On sait bien qu’ils sont là. Quelque part. On ne fait pas pousser le maïs uniquement pour supprimer les bosquets, déraciner les arbres, enlaidir les paysages.





Puis soudain, comme pour nous faire mentir, voici enfin les beaux canards mulards tant espérés et attendus ! Ils sont là par centaines à se reposer et à prospérer. Ils ont environ 4 mois pour le faire avant de passer à la casserole. L’espérance de vie de certains canards est de près de 20 ans. Triste destin ! Mais qui peut vraiment résister à la tentation  devant un de ces merveilleux foies si moelleux ? Même l’auteur de ces lignes y succombe avec plaisir et délectation.


Pendant des kilomètres, le G65 se profile à plat sur le goudron de la petite départementale D314.



Puis, il quitte la départementale pour une plus petite route goudronnée, avant de rejoindre le petit hameau de Lamagnaques.



Soudain, au détour de la route, on écarquille les yeux pour voir si on ne rêve pas. Un remonte-pente ici ?  Les éleveurs et gaveurs de la région doivent de temps à autre délaisser leurs volatiles pour surfer sur les pentes des Pyrénées toutes proches.


D’ici, un chemin de terre descend dans le sous-bois de Pyphane pour traverser un des bras du ruisseau du Grand Bas. Ici, la pente est assez raide et la végétation fruste et touffue.



 

 

 Tout près, on trouve à se loger. Informations supplémentaires sur le site à Etapes (Etape 25: logements, restauration).
Le chemin de terre ressort du bois, suit la clairière. Au-dessus, on entend les murmures des canards.



Le chemin retraverse le ruisseau du Grand Bas. De l’autre côté du pont, on aperçoit l’église de Sensaq.



L’église romane de St Jacques datant du XIème siècle, remaniée depuis, possède un mur clocher original percé de deux baies. La charpente en carène de bateau est remarquable.



Depuis l’église, le GR65 redescend un peu sur le goudron, avant de remonter  en pente douce sur la terre battue.



Il va alors longer les sous-bois jusqu’à rejoindre la petite départementale, puis la suivre jusqu’à une bifurcation, où une direction pour un logement en dehors du chemin est indiquée. Ici, si vous l’avez oublié, vous êtes toujours en Tursan, un de fleurons du foie gras.



Passée la bifurcation, le chemin s’enfonce et descend dans le sous-bois. Toute descente sur le Chemin dans les buissons, les broussailles, les frênes  et les petits chênes annonce une rivière ou un ruisseau. Parfois, la pente est assez rude. On devine que ce chemin peut être glissant en temps de pluie.



Le chemin descend jusqu’à traverser le Rau du Petit Bas. Le sol inégal  a toujours la même direction de pente. Une brume vaporeuse enveloppe des  chênes presque dépouillés, peut-être aussi vieux que le monde, et qui offrent encore au ciel ce qui reste de leurs bras difformes.



D’une ondulation à l’autre, dans les clairières, on aperçoit Pimbo au-dessus de la colline.



Chemin faisant, se niche la jolie petite fontaine de Houngrosse, blottie dans les herbes folles à quelques pas du chemin. On n’irait pas jusqu’à boire de son eau.


C’est à partir d’ici que la pente se fait très raide sur un chemin peu caillouteux pour gagner Pimbo perchée  là-haut sur la colline.



Toute peine mérite salaire. Les pèlerins le savent bien. Il y a une buvette cossue qui les attend sur la place du village. Lorsque vous aurez le sentiment de vous trouver seul sur le chemin, vous serez toujours surpris de constater la foule des pèlerins qui fait halte dans ces lieux bénis.

Le village possède de belles maisons de pierre, mais il est  surtout connu pour L’église collégiale St Barthélémy, une église romane du XIème siècle, plusieurs fois détruite et restaurée. Elle montre un aspect assez militaire, notamment avec son chemin de ronde, près du mur en arcade portant deux cloches. Le monument est inscrit au Patrimoine Historique.



On peut se loger ici. L’auberge tient aussi lieu de gîte.  Informations supplémentaires sur le site à Etapes (Etape 25: logements, restauration).



Le GR65 descend du village sur le goudron. Parfois la pente est assez rude, jusqu’à rejoindre une assez grande plaine où coule le Gabas. Cette petite rivière qui sort des Pyrénées près de Lourdes passe à la limite du Tursan pour se jeter un peu plus haut dans l’Adour.



 

 

 Ce n’est pas une grande eau, mais elle doit avoir son lot de bonté pour les paysans du coin.
De la rivière, une route goudronnée monte dans la campagne. Mais, progressivement, la pente s’accentue. C’est la dernière bosse de la journée et elles n’ont pas été si nombreuses que cela !



Tiens ! N’aurait-ce pas été un endroit rêvé pour en faire un gîte ?


 

 

La pente se fait alors encore plus sévère, entre les haies de maïs, comme des soldats à la parade,  à l’approche de la forêt.


Une croix marque le carrefour au sommet de la crête lorsque le GR65 rejoint, près de Boucoue, la départementale D32 à Château Lassale, demeure qui refuse d’être prise en photo. A partir d’ici, nous quittons le Département des Landes pour celui des Pyrénées Atlantiques.

Alors, le GR65 part quasi à plat sur le goudron, en pleine campagne, jusqu’à recroiser la départementale D32. Il y a encore des champs de maïs, moins de canards pour ne pas dire point du tout. Mais, on voit poindre le nez de quelques vaches. Nous sommes en Béarn.



Un peu plus loin, le GR65 traverse le Louts, une autre petite rivière qui se jette aussi dans l’Adour. Ici, nous sommes à deux pas de Arzacq-Arraziguet.



Une petite bande de terre suit alors la départementale. Ici, on élève des canards. Vous voulez vous approcher du grillage pour les observer de plus près. Ne le faites pas ! La barrière est électrisée. Il faut laisser en paix les canards pour qu’ils prennent du poids. Mais pourquoi ces derniers ne s’envolent-ils pas au-dessus de la barrière ? Les canards dont on fabrique les foies gras ne savent pas voler. Hélas pour eux !


Le GR65 repart encore un peu dans la campagne à la limite des sous-bois. Enfin, il rejoint le goudron à l’entrée du bourg.



Arzaq Arraziguet ne compte guère plus que 1’000 habitants. La vie locale se concentre su deux places. Sur la place du Mercadieu se concentrent les logements; sur la place de la République, sous les arcades, les commerces.





Arzaq Arraziguet est un petit bourg, où on trouve restaurants, épiceries et pharmacie. Cependant, les possibilités de logement sont assez minimales. Mais la capacité du gîte est grande (77 pers). Informations supplémentaires sur le site à Etapes (Etape 25: logements, restauration).





Gastronomie locale

La garbure est un plat caractéristique du Sud-Ouest. On la mange en Gascogne, dans les Landes et les Pyrénées orientales. Chque région en réclame la paternité. C’est comme pour la fondue.

Une soupe, la garbure ?  « Pas du tout. C’est un plat complet, ancestral, multiforme » répondent les esthètes. Il y a des dizaines de recettes de garbure. En fait, c’est tout de même une soupe de légumes, avec des patates, des navets, des haricots, des oignons, de poireaux et des choux. Mais ce qui en fait la saveur c’est la graisse d’oie ou de canard pour préparer le plat. Certains y ajoutent en fin de cuisson de la viande. Mais ce qui fait l’essence du plat, c’est la présence de morceaux de canard, le plus souvent confis, sous diverse formes (cuisse, cou, ailes, côtes sèches appelées coustous).

Pour dire la vénération de ce plat dans le Sud-Ouest, il existe même une « garburade », une sorte de championnat du monde de la garbure.

Pour revenir aux détails du parcours.

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