Introduction au voyage

Quelques statistiques difficiles pour estimer le flux des pèlerins

 

Le pèlerinage de  Compostelle, proclamé en 1987 « Premier itinéraire culturel européen » par le Conseil de l’Europe, est devenu un phénomène mondial, rassemblant des personnes de plus de 120 nationalités. Le film The Way, diffusé dans les pays anglo-saxons, a fait  beaucoup dans la croissance du nombre des pèlerins ces dernières années, provenant notamment du Canada, d’Australie et des Etats-Unis.

Il faut lire entre les lignes les difficiles statistiques de France et d’Espagne pour essayer de comprendre le flux des pèlerins à travers la frontière. Plus de 250’000 pèlerins gagnent St Jacques de Compostelle chaque année. Ils ne partent évidemment pas tous de France. Et loin de là ! A St Jean Pied de Port, on atteignait le nombre de 54 329 pèlerins pour l’année 2015 contre 53 728 en 2014. Les espagnols disent, qu’en 2013, 29’344 (soit 12,34%) pèlerins ont débuté le chemin à Saint-Jean Pied-de-Port, 8’268 (soit 3.9%) étant partis de Roncevaux. Les autres sont partis de toutes les étapes espagnoles sur le chemin vers Santiago.

Si on compare les chiffres des pèlerins qui arrivent à St Jean-Pied-de-Port (environ 55’000 pèlerins) et ceux qui en partent (30’000 pèlerins), cela nous laisse environ 25’000 qui sont partis des chemins français, la plupart du Puy-en-Velay. Dans les mois les plus fréquentés, à savoir mai et septembre, 9’000 pèlerins partent chaque mois de St Jan-Pied-de- Port, soit environ 300 par jour. Ceci indique aussi que environ 4’000  personnes arrivent chaque mois dans le bourg, soit entre 100 et 150 par jour.

Et tout cela dépend encore des jours. Le lundi est souvent le jour le plus fréquenté, car ceux qui débutent leur voyage à St Jean-Pied-de-Port arrivent ici souvent le week-end. Dès lors, certains jours, avec les pèlerins qui partent de Roncevaux, on peut avoir des pics journaliers de plus de 500 personnes à Roncevaux. Vous avez fait le compte. Plus loin, en Espagne, ils seront plus de 1’000 par jour sur le chemin !

Les voies

Pour de nombreuses personnes, le Chemin de Compostelle se résume donc à la France et surtout à l’Espagne. C’est une grande erreur. Les pèlerins d’autrefois venaient de toute l’Europe. Rares devaient être les gens d’outre-mer qui prenaient le bateau pour sillonner  l’Europe jusqu’à Santiago.

Dès lors, le premier guide traitant du Chemin de Compostelle date probablement du XIIème siècle. Il était d’usage surtout pour les pèlerins français. Le livre décrit les 4 voies majeures à travers la France ainsi que le Camino frances en Espagne. Il documente, entre autres,  les endroits à visiter, les reliquaires, les hasards rencontrés en chemin, les coutumes et les langages des régions traversées.

En France, il y avait 4 villes de départ. Les routes du Moyen-âge sont les mêmes voies que parcourent les pèlerins d’aujourd’hui.

La Via Turonensis part de Paris, gagne Orléans, Poitiers, Bordeaux et Dax.

La Via Lemovivensis part de Vézelay, passe par Limoges, Périgueux et Mont-de-Marsan.

La Via Podiensis a pour origine le Puy-en-Velay, puis gagne succesivement  Conques, Cahors, Moissac et Navarrenx.

La Via Tolosana, dans le Sud, s’en va d’Arles, pour transiter par Toulouse, Auch et Oléron.

Les 3 premières voies se rejoignent à Ostobat, sur le versant français des Pyrénées, pour former le Camino Navarro, une voie qui franchit la montagne au col de Roncevaux, pour gagner Punta la Reina. C’est aussi à Puenta la Reina qu’arrive  la Via Tolosona, qui vient d’Arles par le col du Somport. Toutes ces voies fusionnent alors en une seule voie appelée Camino Frances, un nom mal choisi, car on est maintenant en Espagne, qui conduit les pèlerins en Galicie, à St-Jacques de Compostelle.


Auteur Hk kng : Licence :Wikipedia Commons

Il existe aussi d’autres voies, qui en Espagne suivent la côte (Camino ingles), des voies qui viennent du sud de l’Espagne ou du Portugal, ainsi que de nombreuses voies qui gagnent la France via l’Allemagne, l’Autriche, la Suisse, l’Italie ou la Hollande. Celles-ci ont été redessinées beaucoup plus tard, mais il n’y a guère de doute qu’elles étaient tout aussi importantes que celles pratiquées en France et en Espagne. Ce site prend en charge toutes les voies à travers la Suisse permettant de gagner la France depuis l’Allemagne.

Hébergement

On trouve plusieurs types d’hébergement sur le parcours.

Le type d’hébergement de base est le gîte d’étape. Il a l’avantage du prix, si ce n’est du confort. Le plus souvent, ce sont de petits dortoirs, avec des sanitaires à l’étage. Si les couvertures sont fournies, il n’en est pas ainsi de la literie. Il est donc fortement recommandé d’emporter avec soi ce que l’on nomme sac à viande, un drap de couchage sommaire bien connu des alpinistes. Mais, de plus en plus, on trouve dans les gîtes de la literie à louer pour la nuit. Dans presque tous les gites, il est possible de cuisiner. Certains offrent des laveries automatiques, moyennent un léger financement. De très nombreux gîtes sont gérés par les communes.

Pour ceux qui trouvent les gîtes trop spartiates, les chambres d’hôtes sont la meilleure solution. Elles sont légion sur le chemin et proposent le plus souvent la demi-pension. La plupart du temps, il est nécessaire de réserver un jour à l’avance, voire plus.

A l’heure actuelle, on estime qu’environ 30’000-50’000 pèlerins partent chaque année du Puy-en-Velay. Cela représente quand même plus de 100-150 personnes par jour, et ceci d’autant plus en mai et juin, les mois les plus fréquentés pour les raisons climatiques. Tout cela pour dire que parfois sur la Via Podiensis la compétition peut devenir rude pour l’hébergement, spécialement dans les coins perdus. Mais on apprend vite, quand on chemine. La meilleure solution est de réserver l’hébergement 2 à 4 jours à l’avance. En pratiquant ainsi, on ne connaît pas de problème majeur d’hébergement.

Des hôtels, le plus souvent simples, sont présents dans les petites villes, souvent avec chambres et sanitaires individuels. Les hôtels de meilleure catégorie sont rares sur le parcours.

On voit apparaître un autre type d’hébergement sur le chemin. Ce sont les accueils jacquaires et les accueils chrétiens, gérés par d’anciens pèlerins ou des chrétiens très attentionnés. Dans ces hébergements, où le crédencial est souvent nécessaire, le pèlerin paie par donation, selon sa manière de voir. Les accueils jacquaires, rares sur la Via Podiensis, sont l’hébergement le plus répandu de la Via Gebennensis, de Genève au Puy.

Le problème du camping n’est pas le prix, mais le poids du sac ! Les plus grands campings proposent des caravanes avec possibilité de cuisiner.

Il va sans dire que le choix du logement repose sur des considérations à la fois philosophiques et pratiques. Pour le pèlerin décidé à aller jusqu’à Compostelle, ce dernier aime à se loger dans les gîtes, avec une simple couverture. Il retrouver d’une certaine manière la manière spartiate du pèlerin d’autrefois. Cependant, il faut pouvoir réussir à dormir dans de grandes chambrées où le ronflement est hélas la règle. S’il ne ferme pas l’œil de la nuit, pour le marcheur le chemin devient pénible. Alors, il se met à rechercher les chambres d’hôtes. D’autant plus, que de nombreux pèlerins cheminent en couples ou en groupes restreints. Alors, ils aiment à se retrouver ensemble, dans des logements plus petits.

De plus, de nombreux marcheurs sur le chemin ne font que des étapes et apprécient un plus grand confort. Mais, il est clair que l’esprit de Compostelle, celui des rencontres, demeure le gîte.

Les guides

La lecture du Web indique un nombre compté  de guides et de livres pour organiser son  voyage sur les diverses voies qui mènent à Compostelle. Ils sont presque tous écrits en français, plus rarement en allemand. Ce n’est pas ici l’ambition d’en faire l’inventaire. Curieux, non ? Une forte proportion de pèlerins ne parle pas le français !

On en dira un mot  plus loin sur les divers chapitres parcourus dans ce site Web.

Un bon début

Après avoir rencontré de nombreux pèlerins de toutes nationalités marchant sur  le Chemin de Compostelle, et échangé avec eux, et avoir fait le Chemin de Compostelle plusieurs fois,  il nous est  apparu :

  • que la grande majorité d’entre eux était partie un peu à l’aventure, sans grande préparation au voyage
  • qu’il est difficile pour un étranger ne parlant pas français,  ou n’en comprenant  que des bribes, de planifier le voyage
  • que l’internet regorge de récits de voyages, de bouts de voyages organisés par des sociétés commerciales, d’une foule de choses présentées de manière anarchique où le lecteur se perd. Alors, il part au hasard, s’il ne connaît personne qui a pu l’initier, étant parti avant lui.
  • que les guides sont utiles mais manquent d’importants détails pour la plupart
  • que les gens qui voyagent, surtout les retraités qui se fatiguent vite, aiment bien avoir quelques renseignements sur les étapes à prévoir, de manière à pouvoir mieux planifier leur parcours

Ce site qui décrit le Chemin de Compostelle essaie donc de présenter de façon interactive  les diverses composantes qui font le chemin.  Il possède l’avantage de pouvoir être lu de tous. N’est-ce pas curieux de constater qu’aucun guide du Chemin de Compostelle en France n’est écrit en anglais ?

Bien évidemment,  les pèlerins ne recherchent pas toujours les mêmes informations.  Alors, pour trouver les renseignements relatifs à chaque étape, vous avez deux possibilités :

  • la première est l’usage du menu détaillé pour chaque étape. Pour chaque étape vous trouverez sous Parcours,  toutes les informations relatives aux distances, aux dénivelés, aux types de chemins rencontrés. Vous trouverez sous Logements, les informations pour vous loger.  Un effort considérable a été fait pour tenter d’uniformiser un sujet essentiel pour le repos des pèlerins.
  • Une autre manière de faire est de lire l’étape en entier. C’est moins complet que le menu détaillé, mais cela reflète mieux l’esprit de l’étape. Cette manière de faire n’a été envisagée que pour la via Podiensis, le chemin le plus parcouru en France.

Ce que vous trouverez dans ce site

Pour aider à la planification du trajet, le parcours a été divisé en unités arbitraires. Chacun chemine à sa manière !  Pour chaque étape, vous aurez à disposition les possibilités d’hébergement. Mais pour le marcheur, d’autres informations lui sont aussi fort nécessaires: les kilométrages, les dénivelés positifs et négatifs, l’état des chemins (routes, chemins pierreux ou non, chemins de terre ou herbeux).

Ce livre donne, kilomètre par kilomètre les dénivelés du chemin. Pour de nombreux marcheurs non entraînés, que l’on  rencontre souvent sur le chemin, il n’est pas aisé de visualiser ce que représente le pourcentage de pente. 10% de pente, est-ce sévère ou non ?  Voici quelques exemples de pentes que vous rencontrerez sur le chemin.

Mais, on doit savoir que globalement le chemin est assez facile et que la plupart du temps, les pentes ne dépassent pas un maximum de 10% de pente, positive ou négative. A moins de 10%, vous aurez peut-être parfois le sentiment que le chemin est presque plat ! Le présent livre est là pour donner ainsi les renseignements essentiels au pèlerin qui veut programmer et savoir ce qui lui attend, étape par étape.

Bon voyage.